
Au mot
"templier" suit très traditionnellement le mot "richesse" et "martyr" . Vouloir le mêler à toutes les sauces, procès, cupidité, hérésie, sodomie, bûcher, sans parler de ces soi-disant trésors enfouis au plus profond des entrailles de la terre, fait dresser les oreilles. Le tollé qu'a suscité à l'époque médiévale
le martyr de ces innocents, pratiqué entre 1307 et 1314 débutant avec Guillaume de Nogaret s'est très vitre propagé avec les Inquisteurs
sous la conduite du chapelain du roi de France, et là, on a dépassé toutes les limites physiques qu'un homme peut supporter ...
Sous la torture qui résiste ? Personne, vous obtenez tous les aveux verbaux ou écrits.
Et aujourd'hui la ville de Vienne implicitement mélée à la couardise d'un pape, le fait d'avoir tenu entre ses murs le
plus inutile Concile de la Chrétienté de 1311 à 1312.
Vouloir commémorer après 700 ans cet évènement en pensant qu'il sera un remède salvateur pour la ville et faire croire qu'il rehaussera son prestige est pour le moins surprenant pour qui a parcouru un peu l'histoire.
A n'y rien comprendre :
- soit les édiles interprétent l'histoire selon leur couleur politique et s'arrangent ,
- soit ils lancent le but en espérant récupérer l'effet médiatique en 2012
Dans les deux cas de figure où est la relation avec la suppression de l'Ordre du Temple ?
Faut-il rappeler que l'on a exterminé sous la torture et le feu, des centaines et des centaines d'innocents sans que l'Eglise s'émeut.
Doit-on fêter cet évènement comme une victoire ? Peu importe direz-vous, mais avouons tout de même que même de portée internationale, l'abolition de l'Ordre du Temple
décrété unilatéralement par le Pape Clément V n'est toujours pas digérée en France et à Rome qui ne sait comment remettre le train sur les rails ...
Ce fut une mascarade, un non sens, un désaveu des pères du Concile envers ce pape malade, manipulé par le roi de France Philippe IV le Bel sous couvert d'un chantage sur Boniface VIII (à voir ). Un pape atteint d'un népotisme outrancier auquel seul
les Borgia disputèrent la primauté.
Ni plus, ni moins et Vienne n'a pas à s'énorgueillir d'un fait aussi scandaleux, d'en faire un fromage que "le très haut n'entend que d'une oreille". J'y reviendrai en temps opportun en 2011, permettant de corriger les interprétations qui ne manqueront pas. Les textes relatifs au Concile existent encore !!!
Revenons à l'objet qui nous interpelle, le nom de Templier prété à St-Romain-en-Gal. Disons-le tout net qu'il n'y a jamais eu
un seul poil de Templier sur le site.
Qu'un passionné ou non ai confondu, la croix de Malte avec celle des Templiers est courant.

La lecture du blason est devenu elle, inexploitable. Il reste en tout et pour tout qu'un
magnifique bénitier à l'extérieur.
En fait St-Romain-en-Galles va prendre son essor sous Cluny au IX ème siècle, avec Saint Bernard sous la forme d'un prieuré bénédictin sur l'emplacement de l'église actuelle et d'une autre, près du Rhône au 13ème siècle,
Sainte Férréol ou dénommé St-Jean. Faute de documents précis, je ferai une brève conjecture pour envisager le lien avec la commanderie de Saint-Jean de Jérusalem certainement présente
déjà au 13ème dont le commandeur nommait justement à la cure (le desservant).
Aucune mention de
templier ne figure dans un cartulaire attribuant St-Romain à l'Ordre du Temple, ni aucune exaction commise sur des templiers conduits à Vienne (qui possèdait de solides prisons) ou ailleurs, le jour tristement célèbre du
vendredi 13 octobre 1307...
Par contre en mai 1312, les 3/4 des biens templiers sont alloués en France aux Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem devenus depuis peu, chevaliers de Rhodes en 1307 (3 ans de lutte) après leur translation forcée de Chypre. Ils vont se reconvertir en marins redoutables,
"les galères de la religion" vont écumer la méditerranée (*).
(*) Les Hospitaliers ont considérablement renforcé leur postion en Occident, multipliés par 3 environ leurs revenus immobiliers après la dissolution des Templiers, dont ils accaparèrent les biens sans rechigner. Le fameux enclos du Temple à Paris que Philippe IV le Bel croyait pouvoir conserver leur a été donné, et deviendra désormais le siège de l'Ordre du grand prieuré de France jusqu'à la Révolution.
Délogés à nouveau par les turcs en la personne de Soliman le magnifique qui accorde la vie sauve aux rescapés, contraints ils
quittent Rhodes le 1 janvier 1523. Après une errance volontaire en Sardaigne, le duc de Savoie leur offrira un transit à Villefranche (sur Mer) et Nice appartenant à la Savoie sous la bénédiction de Clément VII (ancien hospitalier lui-même). A noter qu'il ne rentre pas en France, l'exemple des Templiers et de Jacques de Molay sous Philippe le Bel n'avait pas été oublié...
Ceci ne va pas du tout plaire à François Ier on s'en doute. Le 8 octobre 1527, le grand commandeur Philippe de Villiers de l'Isle d'Adam habitait encore Villefranche... Les chevaliers qui ont atteint une toute autre dimension guerrière
un tantinet "pirates des mers" pour se procurer des esclaves vont accepter bon gré mal gré, avec le soutien de Charles Quint, de quitter la Savoie et iront prendre possession de l'île de Malte inféodé en le 26 octobre 1530.
On voit à travers ces quelques lignes, que la confusion est facile pour établir les liens ou non à travers les différents périples vécus par les Ordres religieux et militaires depuis l'époque médiévale.

L'église actuelle ne correspond pas à la configuration antérieure au 16ème. L'orientation du choeur est totalement inversé et non à l'est. Elle conserve malgré tout quelques beaux vestiges de style roman à méditer et à voir.
La paroisse de St-Romain-en-Gal et sa commanderie furent incendiées par les protestants comme beaucoup d'autres bâtiments pendant les guerres de religion ainsi qu'au même moment le moulin en épi sur le Rhône. appartenant au seigneur d'Ampuis. En tout état de cause, l'Ordre de Malte ou auparavant les Hospitaliers de St-Jean de Jerusalem ont résidé sur le site de St-Romain-en-Gal jusqu'à la Révolution ou tout du moins jusqu'à la vente des biens nationaux en 1791, soit
pendant 560 ans environ.
Fidèle à la royauté, l'ïle de Malte elle, tomba sous la dépendance de la France et des nouveaux
"révolutionnaires" si l'on peut dire, avec l'armée de Napoléon en route pour l'Egypte
le 6 juin 1798.
D'ailleurs à ce titre je vous propose une autre énigme: comment expliquer la présence des croix Templières sur les 3 caravelles de Christophe Colomb, la Galleja entièrement pontée rebaptisée la Santa-Maria, la Pinta et la Nina alors que l'Ordre du Temple n'existait plus depuis 180 ans ?
Comment l'Eglise a-t-elle pu tolérer la présence des croix pattées sur les voiles de misaines de ce navigateur ? L'extension du christianisme en Amérique du Sud en jouant sur les deux tableaux "portuguais et espagnols" n'explique pas tout? Le roi du Portugual n'avait pas digéré l'affront fait par Colomb en offrant ses services au plus offrant, Isabelle de Castille... alors que
l'Ordre de Montesa, de Calatrava, de Rhodes existaient pourtant ! La France empétrée sous les Valois dans ses querelles de succession en 1492 ne vit venir aucun messager et pour cause.